Devenons des robinets!

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(Traduction du texte de l’image: Quel est le sens de la vie? Mais faites vite, j’ai un important rendez-vous dans une heure et demie)

Nous souffrons toujours de ne pas reconnaître le Divin. Dans l’attente, dans l’accident, dans les factures imprévues, dans la maladie, dans ce train important que nous venons de manquer, dans ce visage sévère ou indifférent à notre égard, dans tout ce que nous ne voulons pas comme cela, dans ce que nous obtenons et qui finalement nous déçoit et nous laisse toujours plus affamés.

Oui, le Divin est tout cela et il nous demande à chaque instant « Me reconnais-tu? Me reconnais-tu? » Quand avec la pratique assise du Namasmarana nous nous immergeons dans la conscience divine on expérimente alors « Viens », « Te reconnais-tu? Te reconnais-tu? » et encore « Es-tu prêt à fondre cet égo qui croit avoir une existence individuelle? ». Es-tu prêt à ne devenir plus personne et tout à la fois? »

Nous souffrons donc de ne pas reconnaître le Divin aussi bien à l’extérieur que de l’intérieur de nous-même. Nous souffrons de ne pas voir de sens. Nous souffrons de notre éloignement avec ce qui pourrait pourtant nous faire demeurer en harmonie entre cette vie extérieure et ses devoirs quotidiens et cette vie intérieure à réaliser au sens propre et au figuré. Mais qui souffre?

Pratiquer cette communion de plus en plus permanente, avec de moins en moins d’absence, d’interférences, c’est ne plus perdre conscience, retrouver la mémoire. C’est être dans une ouverture intérieure sans fin, dans un accueil de tout et de tous.

Alors certains d’entre vous diront « C’est bien beau tout cela mais moi je dois payer mes factures ou me trouver un travail et nourrir ma famille. Je n’ai pas de temps à donner à toutes ces considérations. Je dois me concentrer sur le réel, le quotidien, la matière. »

Je comprends. Nous sommes tous venus traverser des océans, des rivières ou des ponts. Cependant, tout ce qui naît au monde vient d’abord de l’intérieur, en un processus caché, un développement silencieux. Et nous finissons un jour par prendre conscience bien souvent douloureusement que nous ne pouvons pas contrôler notre vie, qu’elle nous échappe et que notre volonté s’avère impuissante à faire venir ce que nous voulons. Oui, ce n’est pas par la lutte, ni par la paresse d’ailleurs, que ce dont nous avons besoin va nous parvenir mais par notre capacité à nous abandonner, à nous ouvrir à la compréhension de ce que le Divin veut de nous et non pas à ce que nous voulons du Divin.

Cela peut prendre du temps pour réellement le comprendre d’abord et l’accepter ensuite. Toute une vie ou plusieurs même.

Toutes les crises de notre vie personnelle ou de notre société ne font que révéler une crise spirituelle. Nous devons trouver un centre intérieur pour ne pas nous sentir perdu et impuissant extérieurement. Et ce centre est la communion intérieure et extérieure avec la nature divine. Avec cette paix qui semble vous pénétrer et laisser se dissoudre toutes les souffrances de votre vie.

La pratique spirituelle est alors la seule personne sur laquelle nous pouvons vraiment compter, le seul ami qui ne peut pas nous décevoir. Elle est cette lumière dans la nuit de nos doutes. Pourvu que nous consentions à la voir dedans-dehors et que nous comprenions qu’elle est la réalité éternelle au service de notre quotidien changeant. Qu’il n’existe aucune séparation.

Nous nous ouvrons progressivement à la conscience que nous ne pouvons pas être heureux si nous ne nous assurons pas que les autres le sont. Plus nous communions avec le Divin et plus cette réalité se fait jour en nous.

Nos possibilités de bonheur dans ce monde s’ouvrent quand nous sommes conscients de notre communion avec toutes celles et tous ceux que nous appelons encore « les autres ». C’est pour cela que nous avons besoin d’éclairer le monde entier d’une lumière qui ne s’éteint pas.

Et quand on viendra vers nous pour nous remercier, nous ne manquerons pas à la vérité de dire que nous n’avons rien fait. Quelque chose à travers nous est allé jusqu’à eux. Nous savons alors que notre plus grande ambition est de devenir un robinet. Un robinet qui ne s’octroie pas le mérite de donner de l’eau mais qui ne fait que la recevoir d’une source plus vaste, infinie.  L’eau du robinet n’est pas celle du robinet. Elle peut parvenir à nous avec plus ou moins de fluidité, d’intensité, selon sa capacité à la laisser passer à travers lui. Et selon le soin que vous lui donnez elle sera plus ou moins bactéricide ou pure, à l’image de votre corps physique, véhicule du Divin comme le robinet.

Vous voyez à présent l’importance de devenir un robinet. Mais notre difficulté est que le plus souvent malgré ce que nous disons ou pensons vouloir, nous ne sommes pas prêt réellement à accueillir cette source.

Cela me rappelle ce moment de 1996 où une nuit je vois mon corps dormir et me voilà élevé je ne sais où avec je ne sais qui. Mais ces êtres qui m’entourent répondent à ma demande d’expérimenter ce qu’est l’amour inconditionnel, l’amour divin. Et ce fut alors comme un feu qui s’allume dans chacune des cellules du corps dont seul l’état d’amour peut rester présent et un « oh c’est chaud! ». Un état si intense que durant deux jours cette brûlure intérieure se manifeste physiquement sur l’une de mes mains afin que je me souvienne pour toujours de cet amour et qu’il représente le sceau inévitable de toute réalisation spirituelle authentique.

La connaissance de l’amour véritable nous mène à Dieu.  Et à l’âge où les êtres doivent décider d’une orientation pour un métier, je savais que je devais rechercher et trouver cet amour, que c’était cela mon métier le plus important. Cette quête spirituelle d’arriver à partager un amour intime avec un autre être où la souffrance et le conflit ne sont plus présents.

Et bien sûr la rencontre de cet amour n’a pu venir que lorsque j’étais à la fois seul et bien avec moi-même. Tel était le secret de la quête. La clef qui ouvre la porte. Connaître la solitude en ne recherchant plus personne qui saurait la combler. Et c’est donc par le détachement que la rencontre amoureuse d’harmonie spirituelle advient. Quand vous rencontrez cet amour à l’extérieur, vous savez plus tard que si celui-ci est tout à fait merveilleux, il ne s’agit pas encore de l’amour infini, impersonnel. Et que cela ne peut être trouvé que de l’intérieur. Alors il faut aller encore plus loin ou bien plus proche encore.

La quête du bonheur humain devient ainsi une pratique spirituelle pour laisser la nature divine l’emporter sur l’égo. Un combat intérieur, même sans le vouloir, où les efforts de désintéressement, d’acceptation et de détachement s’opposent à la facilité et la spontanéité du jugement, de l’attente et de l’insatisfaction. Oui, passer de la douleur humaine à la joie spirituelle est une victoire de la source divine qui est en nous et partout à la fois.

Puissions-nous connaître la douleur spirituelle, qui seule, est capable de faire venir la Grâce libératrice.

En communion avec vous,

Gilles Colombel

Publié dans : Spiritualité | le 5 juin, 2009 |1 Commentaire »

L’Embrassement

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ma15.jpgToute la vie, toutes les secondes de toute la création portent sur elles une alliance signalant ainsi à celles et ceux qui peuvent le sentir leur mariage espéré. Oui, nous sommes tous conviés à vivre cette célébration pas nécessairement dans sa forme extérieure mais bien plutôt dans son expérience la plus profonde, la plus sacrée, intérieure. Ma Ananda Moyi m’avait confié que toute l’existence nous demande avec insistance « Me reconnais-tu ? Me reconnais-tu ? » et que nous pouvons aussi l’entendre comme « Te reconnais-tu ? Te reconnais-tu ? »

Comme le mariage, nous devons dire le mot Oui mais le dire et le laisser vivre de l’intérieur de nous-même. Alors avant de s’engager dans une pratique spirituelle, nous sommes dans le non, pendant l’engagement dans le oui, puis nous revenons au non pour de nouveau aller au oui, et cela en alternance jusqu’à ce que progressivement vienne le jour ou le oui ne nous quitte plus. Oui, plus de non. Il peut être difficile pour un occidental de comprendre l’importance d’arrêter de rechercher intellectuellement des informations pour trouver la transformation qu’apporte l’engagement dans une pratique spirituelle, régulière et fervente.

Pourtant, comme pour toute réalisation, l’effort ne peut être évité. Mais les réalisations extérieures ont aujourd’hui plus d’importance, plus d’attrait car elles sont visibles et la plupart du temps reconnues, validées et souvent récompensées par la société humaine. Nous ne savons plus comme le disait Ma Ananda Moyi que ne pas s’engager dans une pratique spirituelle est se suicider, d’une façon plus subtile mais tout aussi réelle. Nous avons tellement besoin d’être culpabilisé spirituellement pour avancer avec plus d’aspiration et de foi. Je sais bien que cette parole n’est pas très à la mode aujourd’hui. L’effort, la culpabilité, font fuir les humains qui ne rêvent que d’une vie facile, confortable et tranquille.

L’embrassement dont nous avons besoin est la fusion du cœur et de la tête car de cette alchimie naît la conscience et l’amour divins. Nous sommes toutes et tous enceintes d’un être en gestation depuis si longtemps que nous sommes devenus énormes au niveau de l’égo à force de ne pas le laisser sortir, se révéler au grand jour de la lumière. Et pour toute naissance, nous devons lui donner les conditions les plus favorables. La pratique du Namasmarana est certainement une préparation simple mais exigeante. Quand nous ne nous souvenons plus du divin nous éteignons la lumière, puis nous la rallumons, puis nous l’éteignons de nouveau. Ainsi, plus nous laisserons allumer en nous le plus possible le nom divin et plus il pourra nous apporter sa lumière.

Nous devrons comprendre que pour fusionner pleinement avec le Divin nous allons devoir accepter d’entrer dans un élément nouveau. Des éléments, nous connaissons l’eau, l’air, la terre, le feu. Nous plongeons dans l’eau, nous sautons en plein air avec un parachute, nous nous immergeons dans l’argile de la terre et nous abandonnons notre corps physique au soleil. Ainsi, pour communier avec n’importe quel élément, nous devons nous abandonner à lui, ne faire qu’un. La pratique du Namasmarana est bien un plongeon, une immersion dans un élément où nous devons renoncer au contrôle si nous souhaitons faire vraiment l’expérience. Et quand nous nous abandonnons alors à cet élément divin, source de tous les autres éléments, le cœur et la tête s’embrassent et répondent Oui. Ils sont mariés au Divin.

Si nous prenons le temps de nous asseoir pour communier avec notre nom divin, il devra se passer une perte de conscience, une perte de notre conscience limitée de nous-même et qui deviendra progressivement de plus en plus longue. Et quand nous baignons dans cet élément divin, dans la beauté de notre nature, de notre identité véritable, nous communions avec une vibration, une énergie, qui n’a plus ni nom ni forme et est emplie de silence.

Il vous suffit donc d’au moins une fois à vivre cette expérience et le Divin vient en vous, vient à vous, tendant sa main. Et le Divin dit : « Viens, embrassons-nous, reconnaissons-nous. »

Et c’est alors que nous émettons le plus souvent des résistances à cette vibration qui semble demander : Est-ce que tu me supportes ? Est-ce que tu supportes cet amour ? Est-ce que tu te supportes ? Oui peut-être l’avez-vous déjà vécu mais l’amour peut devenir insupportable si nous ne sommes pas en mesure de le recevoir!!

Un jour, assis sur un banc à namasmaraner, un papillon est venu se poser sur mon cœur. Spontanément le sentiment de lui dédier ce moment m’envahit pour que le divin le bénisse, et ses ailes se mettent alors avec sensibilité en hauteur, et doucement se meuvent telle une respiration jusqu’à ne plus bouger.

Le papillon me fait comprendre qu’il ne veut pas, qu’il ne peut plus partir de mon cœur. Alors, nous ne faisions qu’un. Puis au bout d’un certain temps, je me lève du banc, marche quelques pas dans ce parc pour enfant et le papillon imperturbable par tous ces mouvements, pas du tout impressionné me dit « Même pas peur !». Et ce n’est alors qu’en le touchant délicatement avec la main qu’il décide finalement de s’envoler tout en prenant soin de demeurer dans le coin, au cas où…

Tous les êtres sont en quête de cette reconnaissance intérieure, à leur façon, quelque soit leur forme, car tous les êtres sont le divin. Et si nous sommes le Divin, nous sommes tous les êtres. Il ne faudrait pas croire que reconnaître le divin est seulement pour nous-même. Il s’agit bien d’une bénédiction pour tous car nous sommes tous en attente de ce mariage même si nous ne le cherchons pas le plus souvent au bon endroit ! Mais comme vous le savez certainement aussi, Dieu fait toujours tout pour le mieux !

Pour gagner au sens propre et au figuré la conscience de l’amour divin, nous devons marier le cœur et la tête en perdant la conscience limitée et baigner dans un autre élément. Telle est l’expérience assise de la pratique du Namasmarana. Et quant à la pratique au quotidien, si nous considérons que le divin est omniprésent, nous pouvons rester en communion par l’acceptation permanente, intérieure, à tout ce qui vient à nous, l’attitude des êtres, leurs apparences, les situations. Cela ne signifie pas de tout accepter extérieurement et ne plus agir, ne plus mettre de limites, mais nous quittons le divin dès que nous ne reconnaissons pas de l’intérieur le Divin de par nos jugements, nos attentes et nos attachements. Nous devrons alors nous demander avec honnêteté si nous sommes réellement prêt à faire les efforts nécessaires de se souvenir du Divin à chaque instant pour vivre cet embrassement. Est-ce que nous souhaitons faire de cet embrassement la priorité de nos priorités?

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Voici pour finir une petite histoire extraite du livre de Marc Averous « Ramdas, un maître spirituel de l’Inde d’aujourd’hui » consacré à cet être qui est si merveilleusement un exemple vivant du Namasmarana. (Pour bien comprendre ce texte, Swami Ramdas parle de lui à la troisième personne et est nommé également Papa).

« Papa, voudriez-vous être notre sauveur, vous aussi? » Papa se tourna vers elle et sourit. « Ramdas est prêt, mais l’êtes-vous? Il est dans le même état que le marin qui sort son bateau sur la mer en tempête, sous une pluie torrentielle pour sauver un homme luttant dans les vagues. Il lui demande de monter dans son bateau, mais la stupide créature dit « Oh, non, je veux suivre mon propre chemin » et refuse d’être sauvée.
« Le marin ne peut-il pas le faire monter de force dans son bateau, n’est-ce pas son travail de sauver les gens de la noyade? » demanda un devot.
Oui, il peut le faire aussi (…)
D’accord, Ramdas est prêt à vous faire monter tous, n’importe qui, et chacun, dans son bateau. Etes vous prêt à y être hissés? Ramdas ne demande aucun effort de votre part – il fera tout ce qu’il faudra. Ce qu’il vous demande est : cesse toute votre activité, vos luttes, tenez vous calme et abandonnez vous à lui. Il vous sauvera, êtes vous prêts?
Les participants se regardèrent l’un l’autre mais personne ne répondit.(…)
Ramdas vous donne trois minutes (il regarda sa montre). Que toute personne parmi vous qui veut être sauvée, qu’elle le dise. Seulement, vous devez être préparés à quitter tout ce que vous avez chéri pendant si longtemps comme vôtre, afin d’embrasser l’univers comme Sa manifestation. Prêts?
De nouveau personne ne répondit (…).
Trois fois Papa fit son offre et trois fois elle fut accueillie par le silence de ceux qui, seulement quelques instants plus tôt avaient demandés à être sauvés. Alors, avec le sourire d’une compassion et d’une pitié infinies, Papa dit à voix basse : « les trois minutes sont passées, l’offre n’est plus valable.
Personne d’entre ces disciples ne dit plus rien. Il se prosternèrent aux pieds de Papa et rejoignirent leurs chambres.

Publié dans : Spiritualité | le 2 mars, 2009 |Pas de Commentaires »

La promesse oubliée

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En prenant vie dans ce corps qui nous véhicule, nous avons tous fait des promesses. Et ces promesses sont des rendez-vous que nous avons regardé attentivement sur un agenda divin afin de ne pas les oublier. Cependant, comme sur Terre, nous savions qu’un secrétaire se présenterait de temps en temps pour nous rappeler ces moments. Ces rendez-vous représentent différentes choses mais ils ont tous le point commun d’une rencontre avec une situation, un être, une chose, qui a pour but de dissoudre l’égocentrisme pour que se révèle à notre conscience et à notre coeur notre nature divine. Rappelez-vous.

Je me souviendrai que la douleur morale engendrée par la présence ou l’absence d’un parent biologique est un sacrifice de sa part pour me permettre de me défaire d’une des valises de mon karma. Je me souviendrai que les abandons extérieurs se présentent toujours pour que je me retrouve intérieurement. Je me souviendrai que les jugements sur les autres m’éloignent de moi-même, m’éloignent du divin. Je me souviendrai que je ne peux trouver cette sécurité qu’en m’abandonnant au divin comme un enfant envers sa mère, son père. Je me souviendrai que je peux à tout moment laisser ce corps tout comme ceux qui me sont les plus proches, et que le temps est précieux. Je me souviendrai que le véritable amour n’est pas un sentiment pour une ou deux personnes mais un état intérieur qui coule en permanence telle une source. Je me souviendrai que ma famille n’est pas celle du sang mais celle de toute l’humanité. Je me souviendrai que j’oublierai et qu’il me faudra m’en rappeler pour ne pas être revenu pour rien.

Mais comme vous le savez certainement, les promesses n’engagent toujours que ceux qui les tiennent. Oui, Dieu est partout, à chaque instant et en toutes circonstances, et notre travail le plus important est de faire de cette phrase notre réalité. Chaque instant est une promesse, une invitation, un rendez-vous à ne pas quitter cette conscience et cette joie si indissociable. Le Divin ne cesse de nous tendre ses mains pour nous arracher à cette chute dans le vide dans lequel nous souffrons, qu’est l’égocentrisme.

Pourtant, le plus souvent, il existe encore les bonnes nouvelles et les mauvaises nouvelles, des situations qui nous conviennent et celles qui ne nous conviennent pas. Mais qui donc parle comme cela? Est-ce la nature divine ou la nature humaine? Vous avez deviné. La nature humaine ne souhaite reconnaître que les expériences allant dans son sens qu’est l’égo. Oui, l’égo n’est qu’une direction, rien de plus. Il n’a pas de plus grande réalité que cela. Il se manifeste également par des revendications, des exigences vis-à-vis des autres, des refus, des fermetures ou au contraire des accueils inconscients, complaisants, dont les tentations de toutes sortes ne mènent évidemment pas à cette paix inaltérable engendrée par la nature divine.

Reconnaître le divin est donc donner un sens à cette vie, que cela soit moralement ou physiquement, un chemin se dessine à la mesure de nos efforts par notre pratique spirituelle. Cela me rappelle l’un de mes rendez-vous. J’avais promis qu’en 1995 tout mon être serait touché, bouleversé par le visage et l’histoire de Valérie, une auteure de roman partie à vingt et un ans des suites d’une anorexie mentale.

Dans la nuit du 17 décembre 1982, Valérie meurt dans son sommeil, victime d’une crise cardiaque consécutive à une overdose de médicaments. De ses dernières volontés, elle est incinérée et ses cendres sont jetées à la mer, et ce, sans cérémonie ni parents. Partie en vacances chez une amie, elle développait une profonde aversion pour la nourriture et refusait de s’alimenter. Déjà frêle, elle perdait encore du poids et tombait malade. De retour à Paris, sa mère ne peut que constater son état physique: Valérie ne pèse plus que trente et un kilos.  Affolée et sur l’avis d’un médecin, sa mère la fait alors interner dans un grand hôpital psychiatrique parisien où elle va rester quatre mois, le temps qu’elle accepte de se renourrir et de reprendre du poids.

Juin 1995, je dédie à Valérie un rapport de stage effectué en pédopsychiatrie pour un examen de pharmacie, avec sa date de naissance et de disparition. Octobre 1995, Valérie habite si profondément mon coeur que je reçois l’inspiration pour écrire un livre de quelques pages « Valérie aux anges ». Un simple et vibrant hommage à celle dont je n’attends rien. Et je découvre alors le miracle de l’amour désintéressé, inconditionnel, qui au-delà du temps et de l’espace réunit les êtres et les éclairent de la lumière nécessaire.

Novembre 1995, un premier rendez-vous se présente. Un cadeau de Valérie en une peinture de deux enfants anges dont l’un devait laisser l’autre pour revenir sur Terre. Mais comme je ne reconnais pas immédiatement ce qui se passe, une semaine plus tard c’est la pleine révélation devant un livre dont le titre et la couverture se dressent devant moi et me saisissent entièrement: « Une clé pour l’éternité ». L’histoire d’une adolescente disparue d’une leucémie et qui communique télépathiquement avec sa mère par des lettres inspirées.

Voilà donc la promesse de comprendre qui je suis et d’où je viens réellement. Nous nous sommes donnés, l’un et l’autre, de cette lumière dont nous avions si intensément besoin au même moment. « Va où la lumière s’arrange à te rendre plus claire, va Valérie aux anges, ton âme se desserre. »

Oui, quelques fois la douleur est une promesse qui nous libère et peut même être source de réalisation spirituelle comme l’a expérimenté le sage Bede Griffiths qui a si intensément durant sa vie, réuni le christianisme et l’hindouisme pour montrer l’unité du Divin.

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Comme l’affirme Michel Maxime Egger du magazine Choisir, à la fin de sa vie, en décembre 1992 et février 1993, le père Bede a eu deux attaques cérébrales.  Il les a vécues comme des expériences spirituelles majeures. L’occasion d’une ouverture infinie du coeur, une percée définitive vers le féminin de son être, vers la « Mère » telle que l’a incarnée la vierge Marie, tout à la fois Mère de Dieu, de la nature, de la terre, du monde vivant, de l’humanité…En 1990, il écrivait à un ami: « Je me trouve dans le Vide, mais ce Vide est totalement saturé d’amour. » Ses attaques cérébrales ont comme brisé les dernières digues de son égo, qui empêchaient son amour de se répandre. Ses proches ont tous été frappés par la lumière -reflet de la gloire divine- qui irradiait de son visage, l’énergie sacrée et l’amour qui émanaient de son être, s’exprimant d’une manière très libre, en toute spontanéité. « Je sens que Dieu a créé un amour et une compréhension en nous dont je n’ai jamais fait l’expérience avant et qui accomplit ma vie. C’est un plan d’amour total, de don total de soi dans l’amour ».

Au crépuscule de sa vie terrestre, le père Bede n’aimait pas seulement, il était l’amour. Devenu transparent au flux incessant et au feu éternel de l’amour divin, il incarnait en plénitude et à l’image du Christ le sens de son nom indien, Dayananda: La félicité de la compassion, la joie de l’amour.

La promesse oubliée nous fait comprendre qu’il n’est jamais, jamais trop tard, et que, mieux vaut tard que jamais. La maladie peut en effet représenter une merveilleuse opportunité de recevoir un accompagnement spirituel de fin de vie qu’un être n’aurait sans doute pas reçu autrement, comme vient de le vivre en novembre dernier Charlotte, un être-chatte de quinze ans qui a tant été source d’émerveillement et de gratitude dans ma vie.

Cependant, les promesses ne se présentent pas nécessairement de façon spectaculaire. Le quotidien est riche d’expériences anodines, que cela soit laisser passer une personne sur le trottoir ou en voiture, ou bien encore aller jeter des poubelles dans un container. Que de rendez-vous ratés parce que des êtres ou des situations ne correspondent pas à la volonté personnelle, celle de notre égo.

Nous pouvons déjà observer notre façon de marcher. Quand nous croisons une personne sur le trottoir, est-ce que nous la regardons en considérant que nous rencontrons le Divin? Est-ce que nous lui accordons suffisamment de place pour qu’elle passe sereinement ou est-ce que nous la bousculons? Est-ce que notre frôlement auprès d’elle est doux et réalisé avec le souvenir du Divin? Sommes-nous capables de descendre du trottoir pour laisser une personne marcher sur un trottoir étroit? Jetons-nous nos poubelles dans le container en les balançant sans nous souvenir du divin? Est-ce que nous remercions les poubelles dans la ville qui recueillent nos déchets? L’ascenseur qui nous amène à notre étage? Le portail qui s’ouvre pour que nous rentrions? Et le véhicule qui nous permet de rentrer à la maison? Que vient-il à nous si nous nous souvenons de cette promesse de reconnaître le Divin partout, à chaque instant et en toutes circonstances? Eh bien, nous communions avec la gratitude, le remerciement, car cette reconnaissance peut s’entendre au sens propre comme au figuré. Oui, être dans la reconnaissance du Divin, c’est laisser la Grâce nous bouleverser progressivement jusqu’à nous envahir pleinement, définitivement.

C’est aussi avoir la capacité de se prosterner ou de joindre les deux mains aussi bien devant un maître spirituel qu’un escargot, une limace, un insecte, un brin d’herbe, des crottes de chats ou de chiens. Mais bien sûr, devant les expériences répétitives, nous oublions. Nous oublions nos promesses et ratons nos rendez-vous. Et pourtant, même dans ces rendez-vous manqués, Dieu fait toujours tout pour le mieux. Alors souvenons-nous que seule la pratique spirituelle peut nous aider à maintenir cette promesse vivante à chaque instant.

Pour conclure cette lettre, voici une histoire d’un anonyme, que sans doute certains d’entre vous avez déjà lu, mais dont il est bien plus essentiel de mettre en application au quotidien.

Un jour, un village fut balayé par un raz-de-marée. Il y avait là un homme qui avait grimpé sur le toit de sa maison, en attendant les secours. Quand arriva la barque de l’équipe de sauvetage, il y avait déjà de l’eau jusqu’au toit. Les sauveteurs, qui eurent un mal fou à s’approcher de la maison, crièrent à l’homme de se dépêcher de monter dans le bateau. A quoi celui-ci se contenta de répliquer : « Non, non. C’est Dieu qui viendra à mon secours. »

En attendant, les eaux continuaient à monter de plus en plus et l’homme dut grimper encore plus haut sur son toit. Bravant le courant et les turbulences, une autre équipe de secouristes parvint jusqu’à la maison et les sauveteurs firent une nouvelle tentative pour convaincre l’homme de monter dans la barque. L’homme s’obstinait toujours à répéter qu’il priait Dieu et qu’il était sûr qu’Il viendrait le sauver. Au bout d’un moment, l’eau finit par recouvrir le toit et l’homme se jucha sur le faîte; il n’y avait plus que sa tête qui dépassait des eaux.

Un hélicoptère arriva à la rescousse, juste au-dessus de lui. On lui lança une échelle de corde en l’incitant à monter au plus vite. Mais l’homme ne voulait rien savoir: il attendait toujours que Dieu vienne le sauver… Tant et si bien qu’il finit par disparaître sous les eaux et par périr noyé.

Arrivé au ciel, il alla se plaindre à Dieu en lui reprochant de n’avoir rien fait pour le sauver. A quoi Dieu répliqua: « Mais bien sûr que si ! Je t’ai envoyé deux barques et un hélicoptère. »

En communion avec vous,

Gilles Colombel

Publié dans : Spiritualité | le 2 décembre, 2008 |Pas de Commentaires »

Rester debout au milieu des flammes sans brûler

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Que nous vivions en ville ou dans un village de campagne plus ou moins isolé, nous sommes tous invités à nous sentir exister depuis une paix intérieure que rien ne peut enlever ou même diminuer. Et toutes les circonstances extérieures que nous expérimentons au quotidien sont le chemin le plus parfait pour nous, personnellement.

Mais quelques fois, quand même, nous nous demandons si ce quotidien ne nous éloigne pas de nos meilleures intentions. Un profond sentiment d’impuissance survient alors devant une situation exigeant de nous un abandon en toute confiance au Divin. Pourtant, depuis que nous sommes enfant, nous avons tellement appris que nous devons être responsable de notre vie et la contrôler. Mais voilà que le quotidien ramène à la surface ce sentiment d’impuissance risquant de nous attirer vers les bas-fonds du découragement et rendre notre pratique spirituelle plus instable, moins persévérante.

Nous pensions depuis si longtemps que par un peu plus de confort extérieur, notre vie deviendrait plus facile, plus simple, et que nous serions moins en souffrance. Alors le Divin nous fait réaliser que nous devons au contraire rencontrer l’inconfort sous toutes ses formes pour parvenir à ne plus faire dépendre de l’extérieur ce bonheur tant recherché.

Comme vous, ce sentiment d’impuissance, je l’ai éprouvé et le plus intensément alors que j’étais en stage, il y a treize années de cela, dans un hôpital pédo-psychiatrique. J’ai devant moi deux enfants, frère et soeur, âgés respectivement de quatre et trois ans. Ils séjournent dans cet établissement parce que leurs parents tentent à plusieurs reprises de les noyer par la tête, dans un lavabo.

Ils sont là, devant moi, et je connais leur histoire. Cependant, pour entrer en contact, nous ne pouvons que partager une présence silencieuse. Les mots deviennent impuissants, inutilisables. Et ce silence est une parole si pénétrante que tout est dit, tout est donné, tout est reçu.

Il y a  comme cela des rencontres qui ne peuvent se faire d’abord que par le silence et ce sont celles que vous n’oubliez jamais. Vous êtes même en une si grande communion que n’existe plus je suis l’adulte, tu es l’enfant. Il ne reste plus que nous sommes un, et par ce silence nous ne faisons qu’un. La non-dualité ne sont pas des mots mais une réalité silencieuse qui fait que leur histoire est mon histoire. Ce ne sont pas seulement deux enfants que l’on tente de noyer, c’est aussi moi que l’on tente de noyer. Et pourtant, dans le même instant, nous ne nous considérons plus en tant que corps.

La petite fille me regarde avec une telle douceur qu’instantanément je comprends qu’elle me montre être en totale acceptation de son épreuve. Elle n’est pas en faiblesse ni en lutte. Son visage est détendu, presque souriant. Ce même visage qui s’enfonçait dans l’eau pour être noyé à différentes reprises et qui a échappé non seulement à un dénouement mortel pour le corps mais aussi à la résistance intérieure.

Il y a dans ce regard un si parfait abandon et une si vibrante compréhension que cela en est bouleversant. Alors je regarde ces deux enfants et je comprends que nous ne pouvons qu’accepter. Accepter non pas que des parents puissent noyer leurs enfants dans un lavabo, mais accepter intérieurement cette expérience. Ces enfants sont aussi impuissants, de par leur âge, que vous pouvez l’être par d’autres circonstances.

Nous sommes toutes et tous placés dans l’eau ou dans le feu, d’une façon ou d’une autre. Tous confrontés à être noyé ou incendié par l’extérieur. Et si nous ne communions pas avec le Divin par la pratique spirituelle, Dieu seul sait quel dénouement nous attend au bout du chemin. Un accident, une perte, une maladie, et nous voilà de nouveau amenés à ce sentiment d’impuissance qui nous révèle que nous ne sommes pas encore assez abandonnés.

Je sais. Abandonné. Ce mot peut être encore terrible à entendre. Mais pour rejoindre cette paix qui demeure, nous allons devoir abandonner nos souffrances créées par les attentes, les jugements et les attachements. Nous sentons bien, comme le dit Amma, que nous devons rester debout au milieu des flammes sans brûler. Oui, ne surtout pas brûler et être bouleversé et décentré par l’extérieur, mais plutôt demeurer debout, conscient, au milieu du feu et pas en dehors. Un feu extérieur qui met en lumière la douleur de notre identification au corps physique pour mieux nous conduire au feu intérieur de la reconnaissance divine, que représente avec tant de grâce Sri Daya Mata, en photo, illustrant cette lettre.

Nous ne pouvons rien éviter des souffrances, ni les nôtres, ni celles de nos proches ou celles du monde. Elles ne sont que le pont à traverser pour passer intérieurement de l’autre côté, où nous attend cette paix qui demeure et cette joie qui irradie tout  sur son passage, silencieusement.

Le Namasmarana est la flamme qui ne brûle que notre relation égocentrique avec la Vie. Une flamme qui éclaire nos incertitudes, réchauffe nos élans et vivifie notre foi, selon l’intensité de notre pratique. Ce sont tous ces efforts, toute cette attention, qui laissent le Divin oeuvrer secrètement en autant de temps nécessaire, pour que de cette gestation, se révèle à notre conscience, la félicité permanente de chaque instant et de toutes circonstances éphémères.

Gilles Colombel

Publié dans : Spiritualité | le 1 septembre, 2008 |1 Commentaire »

De plus en plus, moins

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Comment repérer un signe irréfutable que nous demeurons sur le chemin qui mène de façon certaine au Divin, que nous ne nous trompons pas et que nous ne nous illusionnons pas?

Eh bien, nous constatons que nos besoins humains sont de plus en plus, moins. Que cela soit manger moins, dormir moins, communier sexuellement moins, acheter moins, sortir moins, regarder la télé moins, parler moins…

Le phénomène est tout à fait naturel. Plus nous nous remplissons du Divin, si j’ose m’exprimer ainsi, moins nous alimentons l’humain avec ses attentes, ses jugements et ses attachements.

Plus nous vivons une communion intérieure et moins la communion avec les désirs extérieurs se manifestent. Mais avant de faire du Divin la priorité de nos priorités, nous serons bien sûr partagés, divisés, entre la nature humaine qui désire et prend et la nature divine qui aspire et donne.

Nous devons donc apporter à cette nature divine les meilleures conditions de s’épanouir comme nous pouvons le faire pour des graines dans la terre.

L’une des propositions les plus dérangeantes pour la nature humaine est de considérer qu’il ne nous est pas demandé de nous accomplir personnellement.

Plus nous pratiquons le Namasmarana et laissons se développer les trois qualités qui lui sont associées et que sont le Désintéressement, l’Acceptation et le Détachement, plus nous comprenons que nous devons offrir notre vie entière au Divin. Faire de notre vie une offrande à ce Tout, à cette Source Divine, qui est aussi bien à l’intérieur de nous-même qu’à l’extérieur.

Nous avons besoin de laisser le Divin décider, comment et où aller. Notre aspiration devrait tendre à « Fais de moi ce que tu veux que je sois et non pas ce que je peux rêver d’être ».

Nous ne sommes pas présent pour maîtriser notre vie mais pour la donner, l’abandonner. Si peu à peu, nous ressentons cette réalité divine, cela signifie que nous demeurons sur le chemin de la pleine reconnaissance de notre divinité.

Nous allons devoir sacrifier l’égocentrisme de la nature humaine, de la pesonnalité, pour laisser la dévotion de notre nature divine s’exprimer à travers nos actes et nos émanations.

Que devient alors notre vie sociale, familiale, me direz-vous? Ce quotidien auquel nous accordons tant d’attention?

Le Divin ne peut être responsable de notre vie que si nous lui la laissons. Et c’est quand nous la perdons que nous avons tout gagné. Nous regagnons le Tout.

Cela va bien sûr à l’encontre de toute l’éducation que nous avons reçu. Pourtant, la pratique du Namasmarana nous rééduque et permet de s’abandonner au Divin pour que notre vie soit notre message. Le message du Divin.

Nous vivons alors de plus en plus intensément depuis cette joie qui demeure et ressentons progressivement comme l’a formulé un mystique chrétien: « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».

Voici à présent pour compléter ou plutôt embellir cette lettre, les paroles d’un être incarné en ce moment même sur Terre et qui représente l’énergie divine totale. Les paroles de la Source Divine elle-même.

« Pourquoi vous agiter? Laissez-Moi prendre soin de toutes vos affaires. C’est Moi qui y penserai.

Je n’attends rien d’autre que votre abandon à Moi. Je n’interviens que lorsque vous savez vous abandonner complètement à Moi, et dès lors, vous ne devez plus vous soucier de rien.

Dites adieu à toutes les peurs et tous les découragements. Sinon, vous démontrez que vous ne Me faites pas confiance. Au contraire, vous devez vous en remettre aveuglément à Moi.

S’abandonner signifie détourner ses pensées des tribulations, les détourner des difficultés que vous rencontrez et de tous vos problèmes.

Remettez tout entre Mes mains en disant: « Seigneur, que ta volonté soit faite, penses-y Toi « . Ce qui revient à dire: « Seigneur, je te remercie car Tu as tout pris entre Tes mains et Tu résoudras cela pour mon plus grand bien. »

Souvenez-vous que de penser aux conséquences d’une chose est contraire à l’abandon, c’est-à-dire de vous soucier qu’une situation n’ait pas l’issue souhaitée. Vous démontrez ainsi que vous ne croyez pas à Mon amour pour vous. Vous prouvez que vous ne considérez pas que votre vie est sous mon contrôle et que rien ne m’échappe.

Ne pensez jamais « Comment cela va-t-il finir…qu’adviendra-t-il ?… ». Si vous cédez à cette tentation, vous démontrez que vous n’avez pas confiance en Moi.

Voulez-vous oui ou non que Je m’en occupe? Alors vous devez cesser de vous en préoccuper! Je vous aiderai que si vous vous abandonnez complètement à Moi et quand je dois vous conduire dans une voie différente de celle que vous entrevoyez, Je vous porte dans mes bras.

Ce qui vous perturbe gravement c’est votre raisonnement, votre souci, votre obsession, votre volonté de pourvoir à vous-même à tout prix.

Que de choses puis-Je faire quand l’être, tant dans ses nécessités matérielles et spirituelles se tourne vers Moi en disant: « Penses-y Toi « , puis ferme les yeux et se repose tranquillement. Vous recevrez beaucoup mais uniquement quand votre prière s’en remettra pleinement à Moi.

Vous me priez dans la douleur pour que J’intervienne, mais vous voulez que Je m’adapte à vos demandes. Ne vous comportez pas comme des malades qui demandent un traitement au médecin, tout en lui suggérant. Ne faites pas cela, mais plutôt, même dans les circonstances tristes, dites:

« Seigneur, je te loue et te remercie pour ce problème, pour cette nécessité. Je te prie de disposer des choses comme bon te semble pour cette vie terrestre et temporelle. Tu sais très bien ce qui est le meilleur pour moi. « 

Parfois tu as l’impression que les calamités augmentent au lieu de diminuer! Ne t’agite pas, ferme les yeux et dis Moi avec foi: « Que Ta Volonté soit faite, penses-y Toi « .

Et quand tu parles ainsi, j’accomplis même un miracle quand c’est nécessaire. J’y pense seulement quand vous me faites totalement confiance. Je pense toujours à vous, mais Je ne puis vous aider complètement que lorsque vous vous en remettez pleinement à Moi.

Publié dans : Spiritualité | le 1 juin, 2008 |1 Commentaire »

Eclairer le monde d’une lumière qui ne s’éteint pas

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Il était une fois un monde où régnait en permanence une nuit profonde et si obscure que tous les habitants devaient en permanence porter des bougies avec eux. Un jour, les gens décidèrent de rencontrer un sage qui vivait dans la montagne et était réputé pour donner de précieux conseils. Cinq personnes furent désignées. Quand elles trouvèrent le sage, il leur dit immédiatement : « Je vous attendais. Vous souhaitez savoir comment faire pour que la grande Lumière revienne. Vous avez entendu parler n’est-ce pas d’un temps où la Lumière éclairait en permanence le ciel des humains.

J’invite le premier d’entre vous à convaincre le peuple d’arrêter la fabrication de bougies sans s’émouvoir des colères qui seront nombreuses. »

- Mais enfin, lui répondit le premier homme désigné comme tel, cela n’est pas envisageable, nous ne pourrons plus nous déplacer dans une telle noirceur!

« C’est bien cela répondit le sage. Vous ne pourrez vous déplacer que de l’intérieur de vous-même. » Puis il s’adressa au second homme. « Vous direz au peuple de partager ce monde en trois. Vous ferez partie avec le premier tiers de la population de celles et ceux qui resteront debout en imaginant et ressentant être un soleil qui donne à tous sa chaleur, sa lumière, sa vie.

Cette partie de la population incarnera ainsi le désintéressement. »

« Quant à vous, dit-il au troisième homme, vous ferez partie du second tiers et vous leur enseignerez à ressentir et imaginer être une source qui coule en permanence quelques soient les déchets déversés en elle.

Cette partie développera l’Acceptation.

Enfin, vous, dit-il au quatrième homme, vous incarnerez avec cet autre tiers ceux qui restant debout, les bras en abandon, imaginera et ressentira être un arbre d’automne laissant ses feuilles tomber.

Cela permettra alors au détachement de s’incarner à travers eux.

Et comme les uns travaillent pour les autres, les qualités toucheront le peuple entier car ces trois parties sont inséparables. Ainsi, l’ensemble des qualités intérieures feront survenir extérieurement cette lumière tant espérée.

Enfin, vous, désignant le cinquième humain qui était une femme, vous devrez rester avec moi, sacrifiant ce qui vous est si cher et qui n’est pourtant qu’éphémère. Votre famille, votre travail, votre maison, votre argent. Il vous sera nécessaire de répéter et ressentir un nom divin que vous choisirez ou qui vous choisira.

Vous pratiquerez en permanence, tant dans le mouvement que dans le repos, en toutes circonstances de votre quotidien.

Tous devrez agir sans en attendre des résultats, en parfait abandon.

Au retour des quatre hommes, le peuple se partagea donc en trois parties et les habitants devinrent ainsi des soleils de désintéressement, des sources d’acceptation et des arbres de détachement.

La légende raconte que la grande lumière revint éclatante, chaleureuse et vivifiante et qu’un soleil intense et doux à la fois se manifesta, qu’un arbre gigantesque poussa naturellement nourrissant de ses fruits tous les habitants, qu’une source profonde se matérialisa permettant d’être sans cesse abreuvés, et où tous pouvaient aussi bien s’y baigner que laver leurs habits.

Tous vivaient dans le désintéressement, l’acceptation et le détachement et cela avait engendré une abondance pour combler tous les besoins qui étaient devenus infimes.

Tous comprirent définitivement qu’il était possible d’éclairer le monde d’une lumière qui ne s’éteint pas, par l’intensité du développement de la vie intérieure.

Et par la reconnaissance du Divin expérimentée par la quatrième personne restée près du sage, les trois parties du monde pensèrent si régulièrement et si intensément au sacrifice de cette femme, que leurs pensées se fondèrent à la sienne, pour ne faire plus qu’une.

Gilles Colombel

Publié dans : Spiritualité | le 1 mars, 2008 |Pas de Commentaires »

Recevoir le Darshan de Dieu

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De tous les temps, de toutes les cultures, l’être humain a recherché la compagnie des Saintes et des Saints. Les voir, s’approcher d’eux, pouvoir même leur parler et aujourd’hui être touché, comme Amma et Mère Meera le proposent.

Il y a seulement quelques décennies, le voyage s’avérait indispensable et aller à leur rencontre devenait profondément initiatique par les efforts fournis, les obstacles imprévus finalement levés et bien sûr les rencontres sur le chemin, bouleversantes.

Ces Saints viennent de plus en plus proche de nous et voyagent pour donner le Divin gratuitement. Et c’est naturellement une rencontre à ne pas manquer si nous le pouvons au moins une fois. Souvent, les êtres recevant le Darshan des Saintes sont si enthousiasmés qu’ils ne souhaitent plus que rester en un contact virtuel, vibratoire, et imagine que cela suffit comme engagement spirituel.

Pour une Sainte, il s’agit de nous faire comprendre avec la tête, le cœur et le corps physique, toute l’importance de se souvenir du Divin pour le reconnaître pleinement en nous et à l’extérieur de nous.

Les Saintes confirment toutes qu’il est demandé l’engagement de nos efforts quotidiens, réguliers, à travers la pratique spirituelle. Il ne s’agit donc pas de s’imaginer être relié subtilement, mystérieusement, à un Saint mais plutôt d’être comme lui, un exemple vivant d’amour et de sagesse divins.

Comme cela est tentant et complaisant de nous projeter dans le rôle de l’enfant qui attend de recevoir tout de sa Sainte Mère! Même ce travail dont seul nos propres efforts donneront un résultat.

Afin de ne pas dépendre d’un être extérieur à nous, la pratique du Namasmarana permet de recevoir le Darshan de Dieu, directement. En répétant et ressentant le Nom Divin, nous pouvons nous mettre, en esprit, comme réceptionnant humblement le Darshan d’un Saint.

Ce Darshan est à tout moment et à tout endroit disponible. Il ne dépend que de nous et de la Grâce Divine. Nous devenons alors en harmonie avec la raison même de notre présence sur cette Terre.

Ma Ananda Moyi, considérée comme la plus belle fleur de lotus poussée en Inde, était autant reconnue pour sa douceur surréaliste que pour sa sévérité.

Elle révélait que la vie dans un corps humain est, malgré les apparences, un rare privilège. Que de ne pas se consacrer à la reconnaissance de notre nature Divine revient à commettre un suicide. Et que nous aurions donc plus tard à rendre des comptes.

Oui, qu’avons-nous fait de tout ce temps de vie?

Pour quoi ou pour qui s’est investie notre énergie?

Est-ce que les réalisations terrestres éphémères, extérieures, sont prioritaires pour nous aux réalisations éternelles, intérieures?

Vers quoi se sont tournées nos pensées?

Un suicide est bien le refus de la Vie, quelle que soit la dimension considérée, le refus du Divin ou du Terrestre.

Certains vont craindre de se sentir culpabilisé ou effrayé par ces propos. Pourtant, sur Terre, quand nous ne nous comportons pas de façon juste, les lois de la société humaine sont là pour nous le rappeler.

Comme vous le savez sûrement, tout ce qui est sur Terre l’est au Ciel. Cependant, quand nous ne respectons pas les lois Divines, nous pensons à tort que nous ne sommes pas sanctionnés parce que Dieu est Amour.

Oui, Dieu n’est qu’Amour, quelque soit le visage qu’il prend et la plus sévère sanction est la nôtre. Celle de ne pas être heureux. De ne pas reconnaître cette nature Divine, qui seule, peut nous conduire à vivre dans la Béatitude. Ce bonheur non-dépendant des circonstances extérieures.

En ne respectant pas les lois Divines, nous sommes enfermés dans une prison invisible dont nous ne recherchons même pas les clefs pour en sortir. Et ce n’est pas l’illusion de se mouvoir physiquement qui nous aidera à être libre.

La pratique du Namasmarana permet de développer progressivement ces lois Divines recueillies en trois qualités. Le Désintéressement (être sans attente), l’Acceptation (être sans jugement) et Le Non-Attachement (être abandonné au Divin).

Voilà donc les clefs que propose le Namasmarana et notre vie quotidienne, pour ne plus vivre prisonnier. Penser à l’intérêt des autres avant le nôtre. Donner ce que nous sommes et ce que nous avons, sans rien attendre en retour. Et accepter tous les êtres, toutes les situations, comme autant de parfaites manifestations du Divin.

Est-ce que recevoir le Darshan de Dieu dans cette vie quotidienne, ordinaire et à la fois si Divine, est la priorité de nos efforts?

Gilles Colombel

Publié dans : Spiritualité | le 1 décembre, 2007 |Pas de Commentaires »

Cette Saison qui demeure

 

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Nous recherchons une saison où le ciel est bleu toujours, où le soleil ne se couche pas, où la nature s’épanouit sans fin et où les oiseaux chantent un printemps éternel. Une saison dont les fruits n’ont de cesse de s’offrir.

Nous attendons un amour qui comprend tout et une connaissance qui rend aimant. Nous espérons quelque chose qui ne meure pas. Quelque chose qui, quoi qu’il arrive, sera là, intact, sur lequel nous pouvons compter.

Quelque chose d’un sourire permanent sur le visage.

Alors nous désirons dans le monde ce quelque chose. Une famille qui dure, un amour qui dure, un métier qui dure, une amitié qui dure, un argent qui dure, une voiture qui dure, une maison qui dure et une vie qui dure.

Nous désirons tant l’éternel par l’extérieur, à travers l’éphémère. Et puis un jour, quand la famille est instable, le métier incertain, l’amour inconfortable, l’argent fluctuant, la voiture imprévisible, la maison faillible, l’amitié fragile et la vie vulnérable, nous devons bien avouer que ce que nous souhaitons tant vivre à l’extérieur nous attend de l’intérieur de nous-même.

Nous commençons alors à accepter avec reconnaissance toutes les saisons. A les reconnaître chacune comme des réalités nécessaires d’un tout, pour rejoindre la réalité indispensable d’une nature intérieure inaltérable, d’une saison qui demeure.

Nous entrons dans le Nom Divin comme pour un long printemps. En convalescence, nous allons devoir nous montrer aussi vigilent avec nos désirs que patient dans nos efforts.

Nous nous détachons peu à peu d’une longue maladie qui affaiblissait notre capacité d’aimer et de comprendre et qui anesthésiait complètement notre attention aux autres.

Nous sommes pareil à un amnésique qui comprend maintenant avec la tête, la nature de son identité véritable, grâce aux rappels bienveillants de ceux qui l’entourent.

La mémoire revient progressivement, de plus en plus, jusqu’à un jour se fixer définitivement. Tout est clair, transparent.

Oui, c’est comme cela, en nous avouant humblement convalescent que nous rétablissons peu à peu notre mémoire spirituelle. Notre pleine santé.

Cette convalescence s’expérimente avec la présence des autres, dans la société, avant qu’elle ne devienne d’une vie avec les autres, à une vie pour les autres.

Ce sera alors le terme de notre convalescence. Et nous pouvons la nommer aussi bien rétablissement complet que nouvelle naissance.

Gilles Colombel

Publié dans : Spiritualité | le 1 septembre, 2007 |1 Commentaire »

Bienvenue

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La Lettre des Quatre Saisons » trimestrielle traite de la pratique spirituelle du Namasmarana, cette communion avec un Nom Divin.

Un site internet est consacré au Namasmarana: http://namasmarana.org, dont une Initiation à la pratique est proposée gratuitement par Gilles Colombel.

Publié dans : Spiritualité | le 1 septembre, 2007 |Pas de Commentaires »

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